DR CLAUDE GEGOUT - RHUMATOLOGUE - ,EPINAL - LAUREAT DE L'ACADEMIE DE MEDECINE
Le SCS est une entité clinique nouvelle découverte au CHU de Nancy. Le plus souvent ce syndrome est consécutif à un traumatisme ou à une posture délétère répétée (exemple : dormir à plat ventre) ou prolongée (chirurgie du cou ou ORL). Ces postures sont assimilées à un traumatisme.
Le SCS se caractérise par une multitude de symptômes, apparemment disparates mais en fait liés, qui se rattachent tous au rachis cervical haut, c-à-d autour de C1 (charnière cervico-occipitale incluse). 5 tests – diagnostics y sont associés.
1. DÉFINITION DU SCS
« Le SCS est une DYSFONCTION réversible, due à un désordre MÉCANIQUE à la jonction occiput-atlas, très souvent consécutif à un ou plusieurs traumatismes. Son diagnostic est exclusivement clinique (aucun examen complémentaire ne peut l’affirmer ni l’infirmer, aucune imagerie médicale n’est contributive).
Le SCS associe un cortège de symptômes non spécifiques, essentiellement sensoriels, à des signes cliniques d’ordre neurologique, latéralisés à un côté du corps (hémicorps).
Le SCS régresse par application d’un GESTE thérapeutique sur la jonction cervico-occipitale C0-C1 et/ou C1 ».
Son mécanisme d’action est inconnu pour le moment. Toutefois, nous savons le reconnaître (interrogatoire et examen codifié, reproductible), prouver son existence, mesurer la souffrance du patient (score), appliquer un traitement spécifique couronné de succès.
L’échec des traitements manipulatifs classiques fait que le SCS perdure des années, créant ainsi un handicap fonctionnel contraignant dans la vie quotidienne.
2. LES SYMPTÔMES – LE SCORE
Le SCS repose sur 12 symptômes principaux – tous présents – qui serviront à créer un score de sévérité. Chacun d’entre eux sera noté de 0 à 10. Le total sera divisé par 12 pour réaliser un score de 0 à 10.
Cet interrogatoire aboutira à un diagnostic de présomption de SCS. La certitude viendra de l’examen, en particulier de la Force Motrice Volontaire (FMV) qui se révélera déficitaire pour un hémicorps.

Dans les formes sévères, d’autres symptômes peuvent apparaître, touchant les sphères digestive, ORL, voire cérébrale, où les fonctions seront entravées, ralenties :
a. La déglutition (30 %)
Le sujet doit faire un effort pour avaler, alors qu’habituellement cette déglutition est automatique et « fluide ». b. La parole et/ou l’élocution (62 %)
Le sujet bute sur des mots ou répète des syllabes, ce qui peut créer une sorte de bafouillage ou pseudo-bégaiement.
c. La pensée est ralentie (idéation lente : 76 %)
Il y a comme une fatigue psychique entrainant un manque de mots (56 %) ou encore une inversion de mots. Parfois, les réponses sont ralenties et difficiles…
d. La faiblesse musculaire d’un hémicorps est un symptôme constant. Dans les formes sévères, elle entraîne un handicap sérieux : Au membre supérieur, la faiblesse musculaire se traduit par des difficultés de préhension, avec une tendance à laisser tomber les objets et à casser fréquemment de la vaisselle. Au membre inférieur, le patient trébuche souvent, heurte les trottoirs. Cette faiblesse s’exprime parfois par « un dérobement du genou », ce dernier fléchissant de manière imprévisible, augmentant le risque de chute.
Au rachis cervical, la faiblesse musculaire est plus rare, mais il est des cas où elle entraîne une inclinaison de la tête sur l'épaule avec difficulté pour la redresser.
Selon la personnalité du patient, différentes réactions comportementales peuvent être observées. Face à une telle agression, certains patients ne parviennent pas à se défendre et adoptent une attitude apathique. D'autres, en revanche, manifestent de l'agressivité, dirigée soit contre eux- mêmes, soit envers leur entourage. Ces comportements peuvent compliquer le quotidien pour eux ou leurs proches.
3. EXAMEN CLINIQUE DU SCS
Cet examen repose sur 5 tests, généralement tous perturbés, et dont l’élément majeur sera la FMV.
| 1. Test d’équilibre. Parmi les nombreux, nous avons choisi le Romberg. La déviation D ou G se fera du côté de la lésion. 2. Test de sensibilité pour la peau et les muqueuses : hyperesthésie pour l’hémicorps atteint. 3. Tests moteurs : évaluation de la force musculaire volontaire (FMV) afin de rechercher un déficit touchant l'ensemble d'un hémicorps D ou G dit pathologique. 4. Évaluation des réflexes. essentiellement du réflexe nauséeux, qui, d’un seul côté, peut être atténué ou aboli. 5. Test de provocation des vertiges : recherche de vertiges ou lipothymies déclenchés par les mouvements d'extension et de rotation du rachis cervical. Les vertiges provoqués peuvent être unis ou bilatéraux. |
L'examen clinique peut être complété par une évaluation de la mobilité cervicale et une palpation.
- Mobilité cervicale : la mobilité du rachis cervical peut être diminuée et douloureuse dans 6 directions. Chaque mouvement est coté de 0 à 3, permettant d'établir un score de mobilité compris entre 0 et 18. Le score constitue un outil supplémentaire et intéressant pour le suivi.
- Palpation de la région sous-occipitale : elle sera réalisée chez un patient en décubitus, après un relâchement musculaire, et provoquera des douleurs, généralement bilatérales. Cet examen est peu fiable car peu reproductible. On ne le retiendra pas comme critère – diagnostic.
Une RADIO est obligatoire pour déceler d’éventuelles contre-indications. Elle évaluera le degré d’arthrose, source de raideur, mais qui toutefois n’interdit pas la manipulation.
Un examen de l’état vasculaire du cou par DOPPLER, avec mesure du débit des artères vertébrales avant et après les soins est souhaitable.
Le SCS est plus fréquent qu'on ne le croit, en particulier si l'on prend en compte les formes mineures, caractérisées par un faible score clinique. En l'absence de prise en charge, le SCS tend à persister et à altérer progressivement la qualité de vie. Il peut rapidement devenir source de handicap invalidant. L’intense fatigue chronique qui l'accompagne génère un repli sur soi, avec une diminution des interactions familiales, professionnelles
et sociales, ainsi qu'une réduction des activités de loisirs. Dans les formes sévères, cet état peut s'accompagner d'idées suicidaires. Leur prévalence pourrait atteindre 20 à 30 % chez les patients présentant un score supérieur à 7,2. Un passage à l'acte peut survenir (étiologie du suicide méconnue).
Le traitement du SCS est uniquement mécanique grâce à un geste spécifique, inédit sur C1, que nous allons décrire.
La littérature regorge de publications qui, sous des appellations variées, relate une symptomatologie similaire post-traumatique ; cependant, contrairement à notre approche, aucune ne propose d’examen clinique standardisé, ni de traitement spécifique validé pour cette pathologie atypique.
Le SCS, c’est uniquement C1 : il correspond à un dérèglement de la jonction tête/cou (C1 et/ou C0 C1).
Le DIM concerne C7 à C2 inclus Définition du DIM créée par Maigne (1964) :
« Le dérangement intervertébral mineur (DIM) est une dysfonction vertébrale segmentaire, douloureuse, bénigne, de nature mécanique et réflexe, généralement réversible ».
Le terme mineur convient parce que la perturbation est totalement réversible, sans séquelles… donc bénigne grâce à un traitement mécanique.
D.I. = dérangement intervertébral parce que tout se passe entre 2 vertèbres. Cet espace contient un disque qui n’est pas en cause ; des ligaments renferment de très nombreux capteurs dont la physiologie est mal connue.
Il y a surtout un nerf cervical sensitivo-moteur, accompagné de rameaux neuro-végétatifs essentiellement parasympathiques, et il innerve tout un métamère : peau, tendons, os et articulations, muscles. Ces tissus ont un dénominateur commun, à savoir une vertèbre précise qui dysfonctionne : ce sera la vertèbre à débloquer (côté D ou côté G). Pour repérer cette vertèbre, on se sert de la douleur provoquée en palpant les tissus accessibles du métamère. Pour la peau douloureuse, on parlera de cellulalgie obtenue en poussant un pli cutané qui est comparativement (D – G) plus épais et plus sensible dans un territoire proche ou lointain de la vertèbre. Un dermatome douloureux fera référence à une racine nerveuse qui nous amènera à une vertèbre perturbée.
C’est ce que MAIGNE appelle le SCTPM ( syndrome cellulo-teno-périosto-myalgique).
Comme Robert Maigne le souligne, le terme de DIM est volontairement vague, puisque nous en ignorons le mécanisme d’action. Toutefois, nous savons diagnostiquer cliniquement et traiter ces dysfonctionnements vertébraux douloureux ou DIM. Ajoutons que l’imagerie médicale n’apporte aucun argument pour préciser le diagnostic de DIM. À ce jour, aucune lésion radiologique ou anatomo-pathologique n’a pu être décelée.
En 1964, le DIM est un concept révolutionnaire qui apporte une avancée dans le domaine des manipulations. Auparavant, les médecins n’avaient que leur ressenti manuel, non fiable, souvent variable d’un praticien à l’autre, pour affirmer un blocage vertébral et son niveau.
Ce concept de Maigne propose un examen palpatoire reproductible, appelé le DIM.
D.I.M. : CRITÈRES POUR SON DIAGNOSTIC
1) Une douleur provoquée dans un territoire cutané bien défini (cellulalgie locale ou à distance) fera référence à un niveau vertébral à traiter (branche postérieure sensitive des nerfs rachidiens mise en cause).
2) Une douleur provoquée par appui « forcé » D ou G sur l’épineuse d’un corps vertébral (latéral ou axial) situera le niveau responsable. On peut réaliser diverses manoeuvres pour confirmer la vertèbre atteinte (pression contrariée par blocage de l’étage sus ou sousjacent…).
3) Accessoirement, d’autres examens palpatoires peuvent affiner le niveau du blocage (réveil douloureux au palper des articulaires interapophysaires postérieures, douleurs palpatoires des autres tissus accessibles du métamère).
Personnellement je lui préfère le terme BLOCAGE d’une vertèbre à tel niveau. Ce mot, familier des rebouteux, est la raison pour laquelle il n’a pas été retenu à l’époque. Cette terminologie est davantage concrète. En effet, à l’examen, on constate qu’une vertèbre a perdu de sa mobilité D ou G, et les manoeuvres provoquent une douleur locale et/ou dans les territoires métamèriques qui en dépendent. Le déblocage de celle-ci restaure un jeu articulaire normal et indolore, avec rénitence des 2 côtés. La vertèbre libérée fera disparaître toutes les douleurs (spontanées ou provoquées)
dans le métamère.
SCS : CRITÈRES POUR SON DIAGNOSTIC
A/ Le SCS (C1), ce n’est pas le DIM (C7 à C2) : ce sont 2 entités distinctes.
En C1, tout est différent. À ce niveau, il ne peut y avoir de DIM pour les raisons suivantes :
1) La racine C1 est exclusivement MOTRICE. Il n’y a pas de racine sensitive, donc pas de territoire cutané atteint, pas de cellulalgie, pas de douleur provoquée au palper dans les divers tissus du métamère.
2) L’atlas n’a pas d’épineuse, mais un simple tubercule non saillant et sur lequel aucun appui ne peut être réalisé pour mobiliser la vertèbre et la rendre douloureuse. On comprend mieux que le DIM est impossible en C1. Il fallait donc établir d’autres critères pour définir le blocage D ou G de C1, domaine exclusif du SCS. C’est ce que nous avons fait.
B/ Notre choix s’est porté sur les 2 critères suivants :
1) Un interrogatoire codifié à la recherche de 12 symptômes principaux habituellement présents dans un SCS. Ces signes, apparemment disparates, sont liés parce qu’ils vont tous disparaître simultanément suite à la libération de C1.
2) La réalisation de 5 tests neurologiques, codifiés, reproductifs (sensitifs, moteurs, réflexes, mais aussi d’équilibre et de provocation de vertiges). Si ces tests sont perturbés, ils doivent orienter vers le responsable, C1, et préciser la latéralité du blocage.
Un déblocage incomplet de C1 fait que le SCS perdure sur des durées parfois très longues. Par contre, un déblocage réussi efface tout.
Ces explications démontrent qu’il existe 2 domaines : celui du DIM pour le rachis cervical bas, et celui du SCS pour le rachis cervical haut. Il n’est donc pas étonnant d’avoir des techniques thérapeutiques très différentes pour ces 2 entités. C’est ce que nous allons exposer.
| REMARQUES |
A) L’importance de la peau… à ne pas négliger Présentons deux exemples, sans rapport direct avec le SCS, mais qui soulignent le rôle MAJEUR de la peau, insoupçonné parfois, dans le fonctionnement de notre organisme.
Outre sa fonction protectrice, la peau est aussi le plus grand organe sensoriel du corps.
En embryologie, les cellules de la peau et les neurones ont la même origine.
- Le professeur Bernard CALVINO, neurophysiologiste et chercheur à Paris, a démontré que les kératinocytes font office de capteurs sensoriels par l’envoi d’un signal chimique recueilli par les terminaisons nerveuses, jouant ainsi un rôle dans la douleur chronique.
- Le professeur Pierre RABISCHONG de Montpellier a rappelé que les déformations mécaniques de la peau au cours du mouvement agissent comme un goniomètre en informant le cerveau sur la position ou les déplacements des divers segments corporels. Ce ne sont pas les
muscles qui donnent ces informations, sauf lorsqu’ils sont douloureux.
Ainsi la peau, avec ses multiples capteurs, doit être prise en compte lors de nos manipulations. Or ce n’est pas le cas semble-t-il, on doit le déplorer !
B) Anatomie C1–C2 :
L’anatomie du rachis cervical bas et du rachis cervical haut est différente. C1 et C2 ont une anatomie singulière : elles sont comme «amoureusement enlacées », et constituent un cardan.
L’atlas est un anneau osseux, profond, sans épineuse (tubercule), recouvert par de nombreux muscles qui forment une épaisseur gênant une bonne accessibilité, surtout si les muscles sont contractés. Parmi eux, les muscles verniers s’insèrent sur le cardan C1/C2.
La palpation sous-occipitale n’est pas fiable, et les douleurs provoquées sont souvent multiples, aléatoires et bilatérales.
L’axis a un pivot excentré autour duquel tourne l’atlas. Son épineuse postérieure est fortement développée. L’examen s’en servira comme appui. Les ligaments (cruciforme, alaires et autres) y sont puissants, et l’action de leurs capteurs inconnue.
L’anatomie du rachis cervical haut montre que les rotations de la tête se font essentiellement entre C1 et C2, où les surfaces articulaires sont horizontales. Dès C3, les interapophysaires postérieures ont une inclinaison de 45° limitant ainsi les mouvements du cou.
Malgré leur union, les vertèbres C1 et C2 ont une physiologie entièrement différente : C2 suit le système du DIM, alors que C1 suit le système du SCS.
| TECHNIQUE de C7 à C2 inclus |
Le SCS a besoin de fondations solides pour éviter que sa vertèbre responsable, à savoir C1, ne se rebloque rapidement.
C’est la raison pour laquelle nous vérifions la liberté de mouvement des vertèbres cervicales, de C7 à C2 inclus, bien qu’elles ne concernent pas le SCS. Ainsi notre traitement débutera par cette vérification. Si une des vertèbres est bloquée, elle sera manipulée selon les méthodes classiques.
Le diagnostic de blocage de chaque vertèbre cervicale repose sur de nombreux critères d’examens palpatoires portant sur différents tissus. Certains d’entre eux peuvent être douloureux à la palpation, d’autres non. Cela oriente le diagnostic vers un niveau vertébral précis, qu’il convient alors de débloquer.
Afin de simplifier, nous avons décidé de ne retenir qu’un seul témoin-diagnostic du blocage pour chacune des vertèbres cervicales.
Après la manipulation, lorsque ce témoin disparaît, la vertèbre est considérée comme débloquée. Elle retrouve son jeu articulaire, et sa mobilisation devient normale et indolore.
Témoins de blocage retenus pour :
C7 : douleur provoquée à la palpation latérale de l'apophyse épineuse (D ou G).
C5–C6 : On repère un point précis interscapulaire, appelé point de Maigne (P. de M.), grâce à une douleur provoquée en palpant la gouttière paravertébrale D et G. Il est situé en regard de D5-D6.
C4 : cellulalgie du scapulum médian et/ou externe.
C3 : cellulalgie de l'angle de la mâchoire et/ou du scapulum interne, à l'angle du cou ; le cou latéral peut également être concerné.
Espace C2–C3 : douleur provoquée par le pincer-rouler du sourcil.
C2 : douleur provoquée par la palpation de l'apophyse épineuse (D ou G).
Rappelons que la manipulation classique du DIM se déroule en 3 étapes :
- Mise en position du thérapeute, puis du segment corporel à manipuler.
- Verrouillage c-à-d mise en tension maximale possible, le plus souvent en rotation (blocage total).
- Impulsion manipulative rapide et maîtrisée.
Techniques de manipulation classique des vertèbres cervicales :
Pour C7 :
a. Le sujet est assis sur la table, jambes pendantes, mains sur les cuisses. Du côté opposé à la « lésion », on bloque la tête et le cou (latéral) grâce à l’avant-bras qui est vertical et la main repose sur le vertex. Du côté bloqué, l'extrémité du pouce prend appui sur l'apophyse épineuse douloureuse, selon un angle de 45° (bissectrice). Le patient redresse le dos sans se raidir, épaules détendues. Le pouce verrouille par une mise en
tension, puis une impulsion manipulative est appliquée selon cet axe. Un léger « clac » peut parfois être perçu, témoignant d'une manipulation réussie. Le côté opposé peut être vérifié de la même manière (facultatif).
b. Un second geste complète avantageusement le premier. Il s'agit du Nelson des judokas. Le patient, totalement relâché, se laisse basculer en arrière. Un petit coussin est placé sur la zone cervico-dorsale. Le sujet croise les doigts derrière l'occiput. Ensuite, le praticien passe ses mains sous les bras du patient et les pose sur ses poignets, puis il se recule légèrement de la table, facilitant ainsi la création d’un dos arrondi. Relaxation maximale. -- mise en tension, -- impulsion manipulative associant un léger mouvement d'ascension.
Pour C5–C6 : c’est le classique menton-pivot.
Le sujet est en décubitus ventral. On recherche le P. de M. (Point de Maigne) douloureux et interscapulaire en palpant la gouttière paravertébrale. Il se situe à hauteur de D5–D6 et réfère à C5–C6. Le patient croise ses doigts en avant ; cela crée un creux dans lequel se cale le menton. Le thérapeute croise ses avant-bras. Une main bloque l’angle supéro-interne de l’omoplate (la dépression entre l’éminence thénar et hypothénar bloque cet angle). L’autre main est posée sur l’occiput latéral. -- verrouillage bras croisés -- impulsion manipulative par action sur l’occiput. Ce geste libère C5 et C6 simultanément. Le P. de M. disparaît, sinon on réitère le geste. En cas d’échec, on fera la manipulation spécifique de C6.
Pour C6 isolément :
La manipulation est délicate et rare, réservée aux praticiens expérimentés. En décubitus ventral, tête tournée sur le côté, une main à plat verrouille le scapulum postérieur, et l’autre se place sous la mâchoire inférieure qui repose sur la table. -- mise en tension -- impulsion manipulative en relevant la mâchoire. Ce geste doit être bien contrôlé, prudent, sans forcer pour ne pas devenir délétère.
Pour C4 :
Le sujet est en décubitus dorsal, la tête en dehors de la table. Le niveau à traiter est repéré par la palpation douloureuse de l'articulation interapophysaire postérieure ou du dermatome scapulaire de C4. La tête est placée en légère extension. On réalise une rotation du cou vers le
côté opposé à la lésion et -- mise en tension (verrouillage) -- impulsion manipulative.
Le succès de cette manipulation est immédiatement confirmé par la disparition de la douleur à la palpation articulaire et de la cellulalgie du dermatome de C4, au niveau du scapulum.
Pour C3, pour l’espace C2-3, pour C2 :
J'utilise une technique identique à celle que nous allons décrire pour C1. Je déplace simplement le bord latéral de l'index, afin de le positionner en regard du niveau vertébral à traiter.
Pour ces niveaux, les techniques manipulatives classiques peuvent également être utilisées. Toutefois, je ne les pratique pas personnellement, par crainte d'un risque iatrogène. Notre technique entraîne la disparition de la cellulalgie homolatérale de l'angle de la mâchoire ou du sourcil.
Au rachis cervical haut, le succès de la manipulation est confirmé par le signe du ballotement. En décubitus, les index placés de part et d’autre de l’épineuse perçoivent une mobilité libre vers la droite comme vers la gauche. Cette manoeuvre implique probablement C1. Elle est indolore.
Pour la 1RE CÔTE (facultatif)
Parfois, pour compléter les manipulations du rachis cervical et optimiser les résultats, on est amené à manipuler la 1re côte, dont le col se situe entre l’omoplate et la colonne vertébrale (paravertébral). Rappelons qu’un rameau parasympathique s’enroule de façon inconstante autour de celle- ci. Pour simplifier le diagnostic, le sujet est assis : on appuie sur le col de la 1re côte en arrière (paravertébral). Si on provoque une douleur, il s’agit
probablement d’un blocage de cette 1re côte.
En décubitus dorsal, le praticien place l’éminence thenar d’une main sous le col douloureux de la 1re côte en évitant de déborder sur l’omoplate. Le sujet pose sa main (celle opposée au blocage) sous la clavicule, les éminences thenar et hypothenar accrochant celle-ci. Son bras, coude tendu, est amené sur la table à côté de la tête. Le praticien pose sa 2e main sur celle du patient (en avant de la clavicule), puis exerce une mise en tension
et impulsion manipulative : mouvement de cisaillement, parfois suivi d’un petit « clac », témoin d’une manipulation réussie.
Le Dr KRUMHOLZ (CHU de Caen) a, pour la 1re côte, publié des articles innovants.
| TRAITEMENT DU SCS = C1 |
TECHNIQUE POUR C1… siège du SCS
Malgré un déblocage réussi sur l’ensemble des vertèbres cervicales de C7 à C2 inclus, la symptomatologie persiste. Les perturbations constatées lors des 5 tests proposés ne sont pas corrigées. En particulier la FMV (force motrice volontaire), facile à rechercher, reste déficitaire pour un hémicorps.
Pour obtenir un résultat sur les 2 items (symptômes + examen), il faut traiter C1 car l’atlas est responsable du SCS. Ces constatations nous ont conduits à proposer un traitement mécanique totalement différent de celui des autres vertèbres. En effet, il n’y a pas d’impulsion, pas de thrust ou déplacement articulaire, pas de torsion ou traction, pas de rotation ou inflexion.
Notre technique se démarque complètement des manipulations du DIM par le fait qu’il s’agit d’une pression/ friction forte, de vélocité intermédiaire, mais de localisation très précise où la peau est impliquée. Ainsi, en C1, nous ne pratiquons pas une « manipulation classique ». C’est la raison pour laquelle on parlera de geste manipulatif ou « LE GESTE » tout simplement. Le geste est spécifiquement dédié au SCS. Je l’ai mis au point personnellement.
Voici sa description :
Le patient est en décubitus dorsal, tête et cou maintenus en dehors de la table, avec une légère extension. Avec la pulpe de l’index, on palpe l’interstice occiput-atlas en recherchant les zones douloureuses (avant – arrière – milieu). Puis on pivote le doigt, de façon à ce que le bord externe de l’index se place en regard de la zone à traiter, sans perdre le repérage de la zone douloureuse. À ce moment-là, on exerce un appui très fort sur la masse latérale douloureuse de C1 et/ou l’interstice C0 C1, sans jamais relâcher la pression vers l’intérieur (c’est-à-dire de dehors en dedans). Le doigt réalise, avec une grande vélocité, une glissade vers le sol, de haut en bas, sans jamais perdre le contact avec la peau. Le geste réveille parfois une douleur locale passagère. Cette manoeuvre stimule les tissus cutanés et sous-cutanés, pour aboutir à une action décontracturante sur les muscles sous-occipitaux (muscles verniers), et leur palpation devient indolore.

Rappelons que la même méthode peut être appliquée aux 2 étages sous-jacents.
Fréquence : 3 soins en un mois
3 contrôles en un an (3 M, 6 M, 1 an)
Après chaque soin, si les 5 tests ne sont pas corrigés, on RÉITÈRE le geste jusqu’à l’obtention du résultat (3 ou 4 fois). L’action sur la peau semble déterminante. C’est probablement cette originalité qui confère à la méthode tant de succès. Le geste est inédit, de réalisation facile, efficace et SANS DANGER pour les tissus nobles (vaisseaux, moëlle, nerfs), comme le prouve notre pratique sur 35 ans.
| RESULTATS |
A - IMMÉDIATS
Ils porteront sur les tests d’examen. On rappellera qu’il s’agit d’une pathologie fonctionnelle, réversible, affectant un hémicorps, sans lésion décelée. Pas étonnant dès lors que le sujet retrouve, sans séquelles, son état antérieur. Perturbés auparavant, les tests redeviennent tous normaux.
1) L’hyperesthésie hémicorporelle disparaît, rendant symétrique la sensibilité tactile et nociceptive.
2) Le déficit moteur hémicorporel disparaît également, rendant la FMV normale et symétrique.
3) Le réflexe nauséeux (aboli ou retardé) devient aussitôt normal, vif et symétrique.
4) À cela s’ajoute une récupération de l’équilibre confirmée par une stabilité retrouvée au Romberg (ou à la déviation des index).
5) On ne déclenche plus de vertige ou malaise (lipothymie ou l’exceptionnelle drop-attacks provoquée) en extension/rotation. Cette posture devient possible.
6) La palpation bilatérale de la zone sous-occipitale neréveille plus de douleurs comme auparavant.
7) La mobilité cervicale est restaurée pour les 6 directions du cou qui deviennent aussitôt amples, maximales et surtout indolores.
Ces bons résultats, rapidement obtenus, sont constants. En cas d’échec ou d’amélioration insuffisante, on réitère le geste et/ou au besoin, on demande des examens complémentaires.
Pour mesurer le résultat, le couplage geste/contrôle immédiat par des tests reproductibles est un outil novateur précieux, nettement préférable à la seule palpation subjective.
B - RETARDÉS
Ils porteront sur la symptomatologie. Dans les jours suivant le geste, le patient observe que tous les symptômes subjectifs s’atténuent simultanément jusqu’à quasiment disparaître (citons : vertiges, nausées, signes cognitifs, mal-être, etc.).
Cela prouve qu’ils sont liés et forment un ensemble. Les chiffres recueillis sur EVA après chaque soin ont permis d’établir des courbes de résultats qui montrent une chute parallèle des 12 signes principaux. Cette étude portait sur 160 cas en 2018 (Figure 2).
Globalement, on peut constater environ 50 % de mieux dès le premier soin, 20 % de plus après le deuxième, et 10 % encore après le troisième.
On peut même dépasser 80 % après cette série de 3 soins. 48 patients étudiés en 2009 montraient des courbes similaires, laissant supposer que ce geste donne des résultats constants.
Pour prouver qu’il ne s’agit pas d’un effet placebo et que seul « le geste » améliore ou guérit les patients, nous avons décidé de créer un groupe-témoin de 43 patients (Figure 3) : on retarde le geste de 3 ou 4 mois, mais on mesure chaque mois la souffrance du patient (scores).
Certes nous avons traité ces patients classiquement avec des antalgiques, parfois des anti-dépresseurs, voire de la kinésithérapie selon les demandes. Le score initial ne bouge pas et la courbe reste horizontale. Dès le traitement spécifique, c’est-à-dire « le geste », on constate une chute identique à celle des 160 cas, traités sans délai. Cette étude démontre l’intérêt de ce geste et son efficacité qui, rappelons-le, prend en compte la peau.


MODE D’ACTION potentiel
Pour C1, notre traitement, sans rotation, est très différent de celui du DIM. Les résultats sont excellents : nous pensons le devoir à notre action déterminante sur la peau, qui fait défaut dans les manipulations classiques.
1) On obtient un déblocage – recalage de la proéminence arrondie du condyle occipital dans la logette articulaire creuse de l’atlas. Ce recentrage réalisé est probablement à l’origine de l’indolence, accompagnée de la restauration d’une mobilité perdue de la tête et du cou. Le geste provoque souvent un petit ressaut ou crissement perçu sous le doigt.
2) Une action neurologique réflexe
La forte stimulation de la peau par pression/friction contribue à lever les tensions musculo-ligamentaires, et fait céder les boucles reflexes à l’origine de contractures invincibles autrement, finissant par pérenniser le dysfonctionnement.
TISSUS CONCERNÉS PAR LE GESTE
De nombreux tissus ou organes sont impliqués par le geste. Ils n’ont pas de lien apparent, sauf que le dénominateur commun est C1. Son traitement effacera tout : symptomatologie et tests perturbés.
Citons les actions sur :
1) La peau : suppression des cellulalgies – stimulation de capteurs
2) Les muscles verniers, en levant les contractures
3) Les ligaments et tendons, devenus indolores au palper
4) Les os et les articulations, qui seront débloqués et indolores
5) Le SNV (nausées, transpiration exagérée, « chair de poule »). Lors du geste, le muscle du poil se contracte (action du parasympathique qui naît à hauteur de C1), réalisant un aspect en « chair de poule » dans certains territoires de l’hémicorps homolatéral (thorax, cuisse)
6) Le SNC, avec sa correction des troubles cognitifs
7) Parfois le système digestif, quand il y a des troubles de la déglutition, voire certains troubles du transit ou des nausées
8) Les vaisseaux. Un doppler réalisé avant et après les soins mesure le débit des artères vertébrales (normalement autour de 100 ml/min). Le geste modifie toujours les débits, le plus souvent en faveur d’une augmentation, ou encore apporte une meilleure symétrie de ceux-ci. Notre geste, sans rotation, permet de respecter ces artères. Nous n’avons pas d’étude randomisée.
PREUVES DE C1, ORIGINE DU SCS
Le rachis cervical haut, c’est-à-dire la jonction tête/cou, est le responsable du SCS. Débloquer C1, c’est aussi débloquer la charnière cervico- occipitale adjacente (C0/ C1) qui se libère aussitôt
1) Seule la correction de C1 restaure une FMV symétrique, et efface les troubles de la symptomatologie
2) Une manoeuvre trop forte sur C1 INVERSE de côté les déficits hémicorporels et entraîne une HYPER correction, corrigée par un geste similaire sur le côté devenu défectueux
3) Le traitement de C1 fait disparaître SIMULTANÉMENT tous les symptômes, prouvant ainsi leur lien
4) Seul le traitement de C1 supprime le Romberg et rétablit l’équilibre
5) La correction des DIM de C7 à C2 inclus :
- est sans effet sur les déficits de l’hémicorps affecté
- les troubles de l’équilibre ne sont pas modifiés
- les symptômes persistent.
LE CHAMP D’APPLICATION du SCS est vaste
De nombreuses spécialités peuvent être impliquées :
1) Rhumatologie
Le vertige cervical, enfin isolé des autres vertiges, a une identité et peut être traité par les rhumatologues puisqu’il s’agit d’un problème mécanique. Les antalgiques sont souvent en échec pour la même raison.
Il faut penser au SCS et examiner.
2) Ophtalmologie, ORL, cardiologie, neuro psychiatrie
Dès lors que l’organe relevant de leur spécialité n’est pas en cause et qu’il y a des vertiges, on doit penser au SCS et adresser le patient au rhumatologue. L’échec habituel des anti-dépresseurs s’explique car le problème est mécanique.
3) Rééducation
Lorsqu’il y a stagnation de la rééducation après un traumatisme avec multiples fractures, les cervicales peuvent être impliquées, même en l’absence de plaintes. Leur traitement permettra une reprise bénéfique de la rééducation.
4) Pédiatrie
- Roulades, sport, chutes, enfants battus sont pourvoyeurs de SCS
- L’échec scolaire, suite aux troubles cognitifs invalidants du SCS, est à connaître. La suppression de ce handicap, par déblocage de C1, permettra une reprise normale de la scolarité, avec l’espoir d’une réussite impossible auparavant.
5) Médecine légale
Citons les violences conjugales, les brancardages avec « tête négligée »… En l’absence d’imagerie contributive, l’IPP demeure faible. Aussi les experts devraient, à partir de maintenant, examiner les patients à la recherche d’un déficit moteur reproductible, donc objectif. C’est une avancée diagnostique pour mieux calculer l’IPP. Une FMV déficitaire prouve que ces malades ne sont pas imaginaires. Le concept de syndrome subjectif n'a pas sa place ici.
6) Chez le dentiste
- un vertige peut survenir à l’installation en décubitus sur le fauteuil
- la malocclusion est pourvoyeuse de vertiges ou d'instabilités.
7) Le SCS peut être observé dans les suites d’un entraînement intensif : sportifs de haut niveau, militaires, pompiers, etc. et aussi dans les médecines du sport, du travail, du domaine scolaire…
|
CONCLUSION La FMV (force motrice volontaire), encore trop rarement utilisée, apporte une incontestable objectivité grâce à son étude appliquée à tous les segments corporels. Son déficit hémi corporel est la signature du SCS. Dès lors on peut affirmer que le syndrome dit subjectif n’existe plus comme tel. Comme on l’a vu à l’examen de toutes les vertèbres cervicales, il est clair que seul C1 se trouve à l’origine du SCS, qui se différencie totalement du DIM par son mode de fonctionnement. Ainsi le concept du SCS émerge comme un paradigme novateur. Le traitement mécanique et spécifique de C1, détaillé plus haut et contrôlé par plusieurs tests, a montré son efficacité rapide. Grâce à cette méthode inédite et innovante qui prend en considération la peau et les capteurs du tissu cellulaire sous-cutané, on rétablit l’état antérieur du patient, c-à-d « sa guérison ». Quelle satisfaction d’entendre si souvent des hommes et des femmes déclarer : « c’est une résurrection --- je revis --- c’est la preuve que nous n’étions pas des malades imaginaires ! ». |
![]() |
![]() |






